Archives de catégorie : à Annemasse /// le 31/03/2020

SAS mobilisation vers l’emploi

Lever les freins à l’emploi des femmes

Acteur reconnu de l’insertion professionnelle dans la Vallée de l’Arve (Haute-Savoie), Alvéole a répondu à la sollicitation de la Ville de Scionzier pour expérimenter fin 2019 un accompagnement collectif vers l’emploi.
Le dispositif a été imaginé pour un groupe constitué de stagiaires des ateliers sociolinguistiques (ASL) de la Ville. Parmi la douzaine de personnes ayant pris part à l’expérimentation, les femmes du Crozet -quartier populaire de la commune- étaient majoritaires.

Tout est parti d’un double constat. D’un côté, nombre d’entreprises locales doivent faire face à une pénurie de candidats quand, d’un autre côté, de nombreuses personnes (en particulier des femmes issues de l’immigration résidant en quartier populaire) peinent à s’inscrire dans une démarche d’insertion professionnelle. SAS mobilisation vers l’emploi a pour objectif de travailler, trois mois durant, à lever les multiples freins à l’emploi que rencontrent ces femmes :

  • non-maîtrise de la langue française,
  • problématique de garde d’enfants en bas âge,
  • méconnaissance du monde du travail,
  • difficultés liées à la mobilité,
  • faibles qualifications ou non-reconnues en France,
  • freins d’ordre culturel.

Le dispositif se déroule en deux temps. Le premier combine entretiens individuels et ateliers collectifs. Le second est celui des stages en entreprises. Tout au long du SAS, les femmes continuent de fréquenter les ASL et bénéficient, en sus, de cours de français langue étrangère.
Le premier temps est l’occasion de :

  • reprendre confiance en soi,
  • identifier ses compétences,
  • créer ou améliorer son CV,
  • découvrir des métiers porteurs d’emplois,
  • trouver des solutions de mobilité et de garde d’enfants…

Les stages (3 fois une semaine) leur permettent de se confronter à la réalité du monde du travail et de tester leurs intérêts et capacités pour les métiers préalablement identifiés. Fin 2019, elles ont testé des métiers de l’industrie, de l’aide à domicile, du commerce, du bâtiment et de la couture.

Le bilan de l’expérimentation est positif. La constitution d’un groupe homogène associée au rythme et au contenu du SAS ont contribué à l’émergence d’une émulation collective stimulante pour les bénéficiaires. L’implication de diverses entreprises locales a également joué en faveur du nombre très satisfaisant de sorties positives (embauches, formations).
Fort du succès de cette première expérimentation, les acteurs locaux (dont Pôle emploi, principal financeur) ont décidé de renouveler ce SAS collectif à l’automne 2020.

Contact : Françoise Michel-Gay, chargée de projet – projet-pf@alveole.fr

Le Bootcamp

Muscler son projet entrepreneurial de manière immersive

Quel lien feriez-vous entre un programme d’entraînement physique de l’armée américaine (le Boot camp) et l’entrepreneuriat dans les quartiers populaires ? A priori, aucun… sauf pour deux acteurs associatifs du Genevois français !

Pangloss Lab et Innovales se sont inspirés de cette méthode pour imaginer un accompagnement d’une semaine, créatif et immersif à la création d’activités à destination de personnes éloignées de l’emploi.

Cet accompagnement innovant, visant à passer de l’idée au projet d’entreprise, a été proposé aux habitants des quartiers prioritaires de Ferney Voltaire et Saint-Genis-Pouilly. L’expérimentation a eu lieu en 2018 dans le cadre du contrat de ville du pays de Gex.

Selon les initiateurs, l’entrepreneuriat peut être un vecteur d’intégration et d’accomplissement fort pour des personnes éloignées de l’emploi. Cependant, il peut aussi conduire à des situations de grande précarité quand il n’est pas assis sur des bases solides. Avec le Bootcamp, les porteurs de projet bénéficient d’un accompagnement soutenu sur un temps très court. Durant une semaine, ils abordent plusieurs étapes :

  • définir son projet en fonction de ses compétences, 
  • réfléchir de manière créative à son projet,
  • concevoir un prototype du projet et tester ainsi son étude de marché de manière dynamique et itérative,
  • réaliser ses premières projections financières, pour sécuriser son modèle économique.

Neuf personnes ont suivi la première édition du Bootcamp. Ce fut l’occasion de confirmer leur projet de création pour certains, ou de l’abandonner pour d’autres. Dans tous les cas, l’accompagnement a permis de remobiliser les personnes dans leur recherche d’emploi.

En 2020, le Bootcamp évolue avec l’intégration en amont d’un travail sur l’estime de soi et une phase de remobilisation par le sport. L’idée est d’en faire un accompagnement systémique, un parcours complet pour reprendre pied dans le monde du travail.

Contact chez Pangloss Lab :  Matthieu Gevertz –  matthieu@labatisse.org

découvrir

Une association suisse pour l’insertion professionnelle des femmes migrantes qualifiées

Arriver dans un pays comme la Suisse ou la France, à l’issue d’un parcours de migration et décrocher un emploi en adéquation avec son niveau de qualification, c’est un défi de taille. Cela est d’autant plus compliqué si l’on est une femme, en raison de l’accumulation de plusieurs facteurs discriminants qui se jouent lors à l’embauche. À Genève, pour relever ce défi, les femmes migrantes qualifiées peuvent s’appuyer sur l’association découvrir.

Créée en 2007, cette association de 11 salarié.e.s aborde l’insertion professionnelle comme un processus. Année après année, l’accompagnement s’est renforcé, contribuant à lever les multiples obstacles à l’emploi qualifié auxquels doivent faire face les femmes récemment installées sur le territoire. L’association propose désormais un arsenal de services et programmes, parmi lesquels :

  • information et accompagnement dans les démarches de reconnaissance des diplômes étrangers,
  • découverte du marché du travail local et de ses codes,
  • préparation aux entretiens d’embauche,
  • soirées de réseautage,
  • mentorat,
  • cours de langues,
  • accompagnement à la création d’entreprise.

En 2018, l’association va plus loin avec la conception d’un plan d’action Entreprises.
Il s’agit d’aller au-devant des responsables des ressources humaines en misant sur l’approche RSE, et de bâtir des collaborations solides et durables avec les entreprises afin de :

  • sensibiliser aux discriminations à l’embauche liées au sexe et à l’origine,
  • valoriser les parcours et compétences des candidates accompagnées et faire prendre conscience de la diversité et qualité des profils, 
  • bénéficier d’une diffusion privilégiée des offres de stage et d’emplois.

découvrir est en développement permanent et ses partenariats sont foisonnants.
Un des derniers en date est celui avec la start-up Alaya. En passant par sa plateforme digitale spécialisée dans le mécénat de compétences, découvrir a pu bénéficier de l’expertise de salariés de grandes entreprises sur des missions telles que du conseil en recrutement, job-coaching, traduction de documents.

Contact : Sarah Gamblin, chargée des relations partenaires – sarah.gamblin@associationdecouvrir.ch

Incub’Action

Un laboratoire pour dynamiser le pouvoir d’agir des jeunes

La Ville de Saint-Julien-en-Genevois développe, en lien avec un groupe de jeunes, une pépinière de projets à destination des 16-30 ans : Incub’Action.

Ce lieu, implanté dans le quartier prioritaire Saint-Georges – Route de Thairy, dans les mêmes locaux qu’une accorderie[1] et qu’un FabLab[2], fera la part belle à l’émulation et l’intelligence collective. Il proposera un accompagnement à la réalisation de projets imaginés et portés par la jeunesse locale.

L’idée d’Incub’Action a mûri à la suite de la formation Imp!act animée par l’association genevoise euforia auprès d’un groupe de jeunes de Saint-Julien-en-Genevois. L’objectif était de les amener à prendre conscience de leurs capacités d’action et leur redonner du pouvoir sur leur vie. Le groupe et la Ville ont eu envie de poursuivre le cheminement en passant à l’étape suivante avec la création d’un espace dédié à l’accompagnement au développement de projets.

Pour illustration, voici quelques-uns des projets imaginés par les jeunes lors de la formation : un lieu d’accueil artistique, un lieu permettant les échanges interculturels…

Les objectifs d’Incub’Action sont multiples :

  • Mobiliser les jeunes
  • Les mettre en lien avec des acteurs locaux experts de l’accompagnement de projet, notamment à l’occasion d’ateliers collectifs abordant des sujets tels que l’étude de marché, la prise de parole en public, la communication, le marketing, le modèle économique…
  • Proposer un lieu ouvert une fois par semaine pour permettre aux jeunes d’avancer sur leur projet

Une phase de test va être lancée début 2020 avec un premier groupe de jeunes, l’idée étant de pérenniser ensuite le projet et que les jeunes s’autonomisent dans la gestion du lieu. Financé par la Ville de Saint-Julien-en-Genevois, le lieu sera à destination de tous les jeunes de la ville souhaitant un espace pour faire murir leur projet.

 Contact : François David, coordinateur jeunesse – francois.david@st-julien-en-genevois.fr

[1] Système d’échanges de services solidaires entre ses membres (« accordeurs »), en général habitants d’un même quartier, destiné à « lutter contre la précarité et la pauvreté, favoriser la mixité sociale, aider les gens à prendre conscience de leur capacité à faire, et aider au lien social ».

[2] Un FabLab (contraction de l’anglais fabrication laboratory, « laboratoire de fabrication ») est un lieu ouvert au public où il est mis à sa disposition toutes sortes d’outils, notamment des machines-outils pilotées par ordinateur, pour la conception et la réalisation d’objets.

« Entreprise apprenante »

Un label de territoire pour essaimer l’apprentissage

Annemasse Agglo et la Communauté de Communes du Genevois déploient depuis 2017 le label « entreprise apprenante » pour inciter les employeurs de leur territoire à s’engager en faveur de la formation des jeunes et des adultes. Inspiré d’un label mis en place à Genève et initié côté genevois français dans le cadre de la politique de la ville, il est actuellement en France unique en son genre. L’action a été réfléchie de manière transversale et vise à être complémentaire de l’existant.

La démarche de labellisation est au cœur d’une stratégie de communication visant à promouvoir auprès des entreprises locales la voie de l’alternance en tant que véritable passerelle vers l’emploi. Pour obtenir le label « entreprise apprenante », l’entreprise doit faire acte de candidature. Une audition est alors réalisée sur la base d’un référentiel multi-critères visant à mesurer l’implication de l’entreprise en faveur de l’alternance. Sont notamment étudiés :

  • La découverte et la promotion du milieu professionnel
  • L’intégration de l’alternant dans l’entreprise
  • Le processus de formation et son accompagnement
  • L’engagement de l’entreprise au service du territoire

Au regard des résultats de l’audition, la commission décide si elle accorde le label, valable pour une durée de deux ans. Un kit de communication est alors remis à chaque labellisé : macarons autocollants, flyers, bannières web, clefs usb, signatures électroniques…

Les entreprises labellisées en tirent plusieurs avantages :

  • Répondre aux besoins de recrutement
  • Améliorer l’image de l’entreprise
  • Renforcer leur visibilité et leur ancrage territorial
  • Participer aux échanges de bonnes pratiques entre entreprises

En parallèle, une cellule d’accompagnement est mise en place afin d’aider les entreprises labellisées qui rencontrent des difficultés dans le repérage ou l’accompagnement de leurs apprentis.

Issue de la politique de la ville, cette démarche a fait l’objet d’une expérimentation en 2017, pilotée par Annemasse Agglo, la Ville de Gaillard, la Communauté de Communes du Genevois, la Préfecture, et un ensemble d’acteurs de l’emploi du territoire. 16 entreprises ont été labellisées en 2019.

Fort du succès de cette expérimentation, une nouvelle promotion est en cours d’audition pour 2020. Son pilotage opérationnel a été confié à la Maison de l’économie et du développement (MED) pour un déploiement dans le droit commun. L’ambition aujourd’hui est de poursuivre le développement de la démarche et d’augmenter son impact, en particulier dans les quartiers prioritaires.

Laure Danielian, responsable Politique de la Ville: laure.danielian@annemasse-agglo.fr

Fix-it

Un jeune de quartier dans la french tech

Être jeune et venir d’un quartier populaire : la double peine pour un porteur de projet ?
Le chemin qui a mené Bader Bouziane à l’entrepreneuriat a été sinueux. Mais habité par sa passion pour les technologies numériques et porté par l’envie d’entreprendre, cet autodidacte de 24ans est sur le point de voir son projet se concrétiser. Début 2020, il rejoint les rangs de l’incubateur lyonnais Manufactory pour développer son projet de start-up, de l’idée à la réalisation.

Bader Bouziane est un enfant du Perrier, quartier populaire emblématique d’Annemasse Agglomération, intercommunalité frontalière avec la Suisse. Après l’obtention du baccalauréat, il navigue entre plusieurs secteurs d’activités, allant et venant de jobs alimentaires en (auto)formations, rebondissant avec des expériences professionnelles à l’étranger. Durant toutes ces années, l’envie d’entreprendre et la passion pour les nouvelles technologies ne le quitteront pas. C’est au cours de la formation de référent digital que le déclic opère. Un projet de start-up (voir encadré) germe alors dans son esprit, tandis qu’il travaille, en parallèle de sa formation, pour un géant du service de livraison de plats cuisinés.

Selon Bader Bouziane, le fait de venir d’un quartier populaire complexifie l’aventure entrepreneuriale, principalement en raison :

  • de l’absence d’entrepreneurs dans l’entourage, qui pourrait stimuler, encourager, rassurer, en endossant le rôle de mentor, de modèle ;
  • des difficultés pour lever des fonds, amplifiées par le sentiment de méfiance que certains habitants des quartiers peuvent avoir vis-à-vis des établissements bancaires.

Pour lever les obstacles à l’entrepreneuriat ou à l’emploi, vécus par les habitants des quartiers, diverses structures ressources existent dans les territoires. Bader Bouziane a su les trouver à chaque fois que la concrétisation de ses projets nécessitait « un coup de pouce » : mission locale, Grande école du numérique, CitésLab ou encore le concours French Tech tremplin.

Contact : badrebouziane@icloud.com – 06 29 58 68 20

Fix-it, une plateforme de mise en relation de coursiers à vélo freelance et de techniciens réparateurs mobile 
Fix-it permettra aux usagers de smartphones en panne ou endommagés d’être mis en relation avec des réparateurs indépendants de leur ville. Un coursier freelance assurera, à vélo, les livraisons du téléphone entre le client et le réparateur. L’ensemble des échanges ainsi que des transactions financières se feront depuis un site web utilisant la technologie blockchain.
Le projet s’inscrit dans la lutte contre l’obsolescence programmée. Un volet social est également pensé : Fix-It proposera à ses coursiers (souvent pas ou peu qualifiés) d’accéder à des formations en ligne afin d’acquérir des compétences digitales.

Le CaféLaboQUARTIERS à Annemasse, du 31 mars 2020 est reporté

En raison des conditions exceptionnelles liées à l’actualité autour du coronavirus, nous sommes dans l’obligation de reporter cette rencontre. 

Pour sa 7ème édition, CaféLaboQUARTIERS arrive dans le Grand Genève !

Venez découvrir des projets innovants dans les quartiers populaires du Grand Genève autour de deux enjeux :

  • L’entrepreneuriat des jeunes
  • L’insertion professionnelle des femmes

Participez à de nouveaux réseaux d’échanges entre professionnels de la politique de la ville et acteurs de la création d’activité, du développement économique, de l’innovation, de l’ESS et du numérique.

Repartez avec des idées, des envies, des contacts.
 

Avant-goût des projets qui devaient être présentés le 31 mars…

Le détail de chacune des expériences sera posté, au fil de l’eau sur le blog CaféLaboQUARTIERS.

Cet événement est organisé en partenariat avec Annemasse agglomération

CaféLaboQUARTIERS en résumé :

  • 1 matinée
  • 1 ambiance conviviale
  • 3 séquences, en petits groupes, de découverte et de mise en discussion d’initiatives locales et innovantes dans les quartiers
  • 5 porteurs de projets
  • des participants de l’Ain, de Haute-Savoie, de Suisse ou d’ailleurs
  • et bien sûr du café et autres gourmandises…